Affronter le cancer du pancréas jour après jour, main dans la main

La route est ardue, mais Mark et Kathy Fishman sont optimistes face au chemin qui les attend

C’est en mars que Mark Fishman, un médecin de Seattle, est devenu l’un des 53 000 Américains que guette le cancer du pancréas cette année, une maladie dont le taux de survie à cinq ans est faible, à 8 pour cent1. Or, Mark et son épouse Kathy ne voient aucune raison de ne pas appartenir au club des 8 pour cent et ils ont espoir en l’avenir.

À l’occasion du Mois de la sensibilisation au cancer du pancréas, les Fishman discutent de leur façon de rester forts et confiants alors que Mark entreprend ses traitements2.

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris le diagnostic?

Mark and Kathy Fishman

MARK ET KATHY FISHMAN AU 10e GALA ANNUEL CÉLÉBRATION DE L’ESPOIR DU PANCREATIC CANCER ACTION NETWORK À SEATTLE EN MAI.

Mark : Je savais que c’était une possibilité, ça ne m’a pas étonné outre mesure. Le pire a été de voir à quel point cela affectait ma famille et mes amis. Nous venions d’apprendre la semaine précédente que mon fils et son épouse allaient avoir un enfant, notre premier petit-fils. J’ai eu peur de ne jamais le tenir dans mes bras.

Kathy : Ça a été une journée horrible, horrible, horrible. J’avais l’impression que mon univers s’écroulait. Ça m’a coupé le souffle jusqu’au fond de l’âme. Ce sont les deux pires mots du vocabulaire; j’ai encore de la difficulté à les prononcer. À cause des antécédents familiaux de Mark, nous avons souvent parlé de la possibilité que la maladie d’Alzheimer frappe à notre porte, mais jamais cela. J’ai cru qu’ils avaient fait une erreur.

D’après vous, quels aspects du cancer du pancréas sont les plus difficiles pour les patients?

Mark : Ce n’est pas un bon diagnostic, mais j’ai décidé de me battre. Il faut bien que quelqu’un fasse partie des 8 pour cent qui survivent, pas vrai? Alors, pourquoi pas nous? Il paraît que cette statistique va doubler et c’est ce que nous espérons.

Est-ce que vos médecins et vous avez envisagé une étude clinique?

Mark : Nous avons parlé des études cliniques, mais soit je n’y étais pas admissible, soit elles allaient commencer trop tard. Avec le cancer du pancréas, on n’a pas des mois à perdre. Donc, mon médecin m’a recommandé différents protocoles thérapeutiques qui faisaient appel à une combinaison de chimiothérapies existantes, en alternance pendant 48 semaines.

Avez-vous remis en question les recommandations de votre médecin?

Kathy : J’ai demandé à notre médecin s’il choisirait ce traitement pour son propre frère s’il avait le cancer. Il a répondu oui, parce qu’il a vu des résultats spectaculaires. J’ai mis affiché un peu partout dans la maison des cartons où on lit « résultats spectaculaires », pour ne pas oublier ça.

« Cette expérience nous a permis de nous rappeler ce que signifient réellement les mots famille et amitié. La bonté naturelle des gens s’en est trouvée renforcée. »

Quels sont les effets de votre traitement actuel?

Mark : À ce jour, je me sens plutôt bien et j’ai eu peu d’effets secondaires. Avant de recevoir mon diagnostic, j’étais plutôt actif. Mon entraîneur voulait que je m’inscrive à un concours d’haltérophilie; il pensait que j’aurais de bons résultats pour mon groupe d’âge. C’est hors de question à présent, mais je continue de m’entraîner trois jours par semaine.

En quoi votre expérience du cancer du pancréas a-t-elle changé votre vision des choses?

Mark : Cette expérience nous a permis de nous rappeler ce que signifient réellement les mots famille et amitié. La bonté naturelle des gens s’en est trouvée renforcée. Nous avons de la famille à Seattle. Ils nous apportent des mets préparés. Ils appellent tous les jours et me visitent à l’hôpital. Même les infirmières en salle de chimiothérapie, de parfaites étrangères, ont posé des gestes de pure gentillesse.

Kathy : J’admire mon mari et je suis plus que fière de son attitude positive. Quand Mark a reçu son diagnostic, je me concentrais sur les résultats des prochaines analyses pour voir si son cancer s’était aggravé. Maintenant, j’essaie plutôt de l’imiter et de vivre un jour à la fois. Ça m’a beaucoup aidée au plan émotionnel. Il fait un temps magnifique à Seattle et nous allons marcher jusqu’à la plage, main dans la main, et apprécier la beauté du mont Rainier.

Quelles sont vos autres raisons de vous sentir reconnaissants?

Kathy : Nous avons fait des choses incroyables, par exemple visiter le camp d’entraînement des Seahawks de Seattle et rencontré le quart arrière Russell Wilson. Il a écrit un mot sur mon chandail à propos de la puissance de la pensée positive. Je suis reconnaissante d’avoir de bons amis qui ont permis à Mark de réaliser ce vieux rêve.

Mark : J’ai été tellement heureux de voir mon petit-fils, de jouer avec lui et de le tenir dans mes bras. Nous espérons le voir grandir et profiter encore plus de sa présence.

Mark Fishman

MARK FISHMAN TIENT SON PETIT-FILS NOUVEAU-NÉ DANS SES BRAS PENDANT SA CHIMIOTHÉRAPIE POUR LE CANCER DU PANCRÉAS.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui a vient de recevoir son diagnostic?

Kathy : Si nous n’étions pas à Seattle avec ma famille et nos amis, je serais perdue. Nous avons tant de supporters ici. Il faut un groupe de soutien à même votre communauté. Nous sommes ensemble dans ce bateau. Ce serait très difficile d’être seul.

Mark : Bien sûr, les statistiques sont effrayantes, mais elles datent aussi d’il y a cinq ans, et beaucoup de choses ont changé depuis. Beaucoup de nouveaux traitements et d’approches différentes se profilent à l’horizon. Trouvez un oncologue qui ne se contente pas du plan original, mais qui accepte de s’ajuster et d’essayer de nouvelles choses quand ça ne fonctionne pas pour vous.

 

1 National Cancer Institute. SEER stat fact sheets: pancreatic cancer. Surveillance, Epidemiology, and End Results Program. 2016. http://seer.cancer.gov/statfacts/html/pancreas.html Consulté le 1er novembre 2016.

2 Entrevue avec Kathy et Mark Fishman. Octobre 2016. Réalisée par Andrew Wiecek pour la Salle des nouvelles de Celgene.