Stimuler la recherche sur la SP par le travail d’équipe et de nouvelles approches

Offrir une nouvelle option thérapeutique aux patients en changeant d’optique

Il n’est pas facile de mettre au point de nouveaux médicaments et Esther Martinborough, directrice associée de la recherche chez Celgene, en sait quelque chose. En 2008, elle a assisté à l’échec de deux produits antinéoplasiques « candidats » de l’entreprise Receptos avant que son équipe en arrive à identifier une nouvelle option thérapeutique potentielle pour la sclérose en plaques (SP). L’acquisition de Receptos par Celgene en 2015 a aidé son équipe qui souhaitait ardemment pouvoir mettre ce nouveau traitement potentiel à la disposition des patients atteints de SP.

Dans cette entrevue, Esther explique que les résultats rapides obtenus par l’entreprise sont dus à deux facteurs : l’équipe et une façon plus intelligente de sélectionner les produits candidats.

Quel était le centre d’intérêt original de Receptos?

L’entreprise a été fondée en 2008 sous le nom Apoptos et nous nous concentrions alors sur quelques pistes intéressantes pour le traitement du cancer. Après six mois de recherche préclinique, il est devenu apparent que nous ne pouvions pas aller plus loin. Les fondements scientifiques ne tenaient plus et nous avons expliqué cela à nos investisseurs. Heureusement, ces derniers ont reconnu que nous avions une équipe très qualifiée composée d’individus qui avaient réussi à mettre au point des traitements commercialisables. Compte tenu de cette expertise, ils nous ont fait confiance et nous ont donné une autre chance. Nous avons donc travaillé en équipe pour nous assurer que nos hypothèses subséquentes avaient toutes les chances de se rendre jusqu’au développement clinique. Nous avons été rigoureux. Nous avons analysé de près plusieurs molécules et leur fonctionnement. Nous avons examiné plusieurs produits candidats qui étaient intéressants au plan scientifique.

Collègues étudient les données concernant

Esther Martinborough (à gauche), directrice associée de la recherche chez Celgene, et ses collègues étudient les données concernant le produit candidat de l’entreprise pour la SP.

«Les modulateurs de la S1P qui étaient plus avancés que le nôtre au plan clinique avaient pour la plupart des structures similaires. Nous avons décidé de ne pas prendre le même chemin».
 

Pourquoi avez-vous choisi de vous intéresser à un modulateur de la sphingosine-1-phosphate (S1P) pour la SP?

Ce choix avait un bon fondement biologique. D’autres modulateurs de la S1P étaient déjà au stade clinique pour la SP, donc nous savions que cela pouvait fonctionner. Alors que les molécules de S1P que nous évaluions n’étaient pas tout à fait prêtes pour cette étape, nous avons vu une occasion de les y amener plus rapidement.

Combien de temps a duré le processus de développement?

Nous avons commencé à travailler à notre modulateur de la S1P en mars 2009 et nous en étions aux études cliniques moins de deux ans plus tard, ce qui est tout simplement renversant. Lorsque nous avons commencé à mettre au point des modulateurs de la S1P, environ 20 autres entreprises nous devançaient. Aujourd’hui, nous sommes à l’avant-garde.

Comment avez-vous accéléré le processus?

La différence a été notre façon de sélectionner les produits candidats. La plupart des entreprises avancent étape par étape lors de cette sélection : ils en vérifient l’efficacité puis passent à l’étude des effets indésirables et de la toxicologie. Nous avons fusionné ces étapes en une seule. En nous fiant à un biomarqueur de la S1P comme mesure préclinique de l’efficacité et au poids pulmonaire dans un modèle animal pour mesurer l’innocuité, nous avons réussi à sélectionner rapidement les produits candidats présentant le bon rapport potentiel efficacité:innocuité.

En quoi ce modulateur de la S1P se distingue-t-il des autres produits en cours d’élaboration?

La plupart des modulateurs de la S1P qui nous devançaient au chapitre du développement clinique avaient une structure similaire. Nous avons décidé de ne pas prendre le même chemin puisque cela avait toutes les chances d’aboutir aux mêmes profils d’innocuité et d’efficacité. À la place, nous avons conçu notre modulateur de S1P avec une structure chimique différente de celles déjà à l’étude. Nous avons voulu concevoir une configuration chimique unique, la plus susceptible de bénéficier aux patients atteints de SP.

Pour en savoir plus au sujet du rôle des molécules de signalisation cellulaire S1P dans la SP et autres maladies auto-immunes et inflammatoires, lisez Corralling White Blood Cells to Rein in Multiple Sclerosis.