Une décennie de progrès pour le myélome, et plus encore à prévoir sous peu

Les nouveaux traitements et la recherche donnent aux patients une bonne raison d'espérer pour aujourd'hui et demain

Alors que le Mois de la sensibilisation au myélome multiple est de nouveau à nos portes, la communauté qui se consacre au myélome a une excellente raison de célébrer la décennie qui s’achève, car elle nous a donné accès à de nouvelles options thérapeutiques pour aujourd’hui et à une meilleure compréhension du traitement de cette maladie pour l’avenir.

Un patient qui reçoit un diagnostic de myélome a une chance d’environ 47 pour cent de vivre encore cinq ans ou plus, ce qui est de 31 pour cent supérieur à ce qui s’observait il y a douze ans1. Pendant ce temps, même si le nombre de personnes qui reçoivent un diagnostic de myélome augmente chaque année, leurs chances de survie s’améliorent2.

« Les progrès sont assez remarquables », affirme le Dr Paul G. Richardson du département d’hémato-oncologie de l’Institut d’oncologie Dana-Farber. « Même si nous avons observé des améliorations similaires avec d’autres cancers, la différence en ce qui concerne le myélome a réellement été aux plans du nombre de nouvelles options thérapeutiques qui ont été approuvées au cours de la dernière décennie et de leur impact sur les résultats comme en témoignent les améliorations observées au chapitre de la survie »3.

Entre 2006 et 2015, la Food and Drug Administration des États-Unis a approuvé 13 nouveaux traitements pour le myélome, ce qui est particulièrement remarquable, étant donné que le myélome représente moins de deux pour cent des nouveaux cas de cancer aux États-Unis chaque année4. Pendant la même période, la FDA a approuvé 20 traitements pour le cancer du poumon, qui représente 13 pour cent de tous les nouveaux cas de cancer, et 12 pour le cancer du sein, qui représente 12 pour cent des nouveaux cas déclarés5.

Myélome multiple infographie6

Ces nouveaux traitements pour le myélome ont déjà aidé des patients à vivre plus longtemps,7 et le meilleur est peut-être à venir puisque les médecins explorent comment les utiliser plus efficacement. Selon des données publiées lors de l’assemblée annuelle de 2015 de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), les chercheurs ont estimé que d’ici 2022, au moins la moitié des patients atteints de myélome vivraient 6 ans après leur diagnostic, ce qui représente une augmentation de 140 pour cent par rapport à l’espérance de vie prévue en 20018.

Depuis une dizaine d’années, les chercheurs ont amélioré leur compréhension du rôle du système immunitaire dans le myélome, ce qui pourrait transformer la façon dont nous traitons ce cancer à l’avenir. Par exemple, une étude sur 74 patients atteints de myélome ayant survécu pendant 10 ans ou plus a révélé que leurs systèmes immunitaires étaient peut-être mieux équipés que d’autres pour reconnaître et attaquer certaines entités nuisibles comme les cellules cancéreuses9.

Au cours de la prochaine décennie, les immunothérapies, qui mettent à contribution le système immunitaire de l’organisme pour lutter contre le cancer, pourraient aider à prolonger davantage la vie des patients atteints de myélome. Ces approches incluent des traitements à base d’anticorps, de lymphocytes T récepteurs d’antigènes chimériques (RAC) et des inhibiteurs de points de contrôle10.

« Même si les immunothérapies soulèvent sans contredit beaucoup d’intérêt en raison de leurs nouvelles approches, nous ne devons pas sous-estimer les traitements approuvés depuis dix ans », affirme le Dr Richardson. « Il sera extrêmement utile d’allier les traitements antimyélome de nouvelle génération à ceux dont nous disposons déjà »11.

Pour en savoir davantage sur la façon dont les traitements antimyélome permettent aux patients de continuer de mener des vies actives, consultez notre rubrique sur les patients qui ne se laissent pas arrêter par le myélome.

 

 


1 SEER Stat Fact Sheets: Myeloma. Surveillance, Epidemiology and End Results Program. National Cancer Institute.  http://seer.cancer.gov/statfacts/html/mulmy.html, captures d’écran: http://screencast.com/t/Ea3yiG6aSU, http://screencast.com/t/8HWfLIqGON Consulté le 26 février 2016.

2 SEER Stat Fact Sheets: Myeloma. Surveillance, Epidemiology and End Results Program. National Cancer Institute.  http://seer.cancer.gov/statfacts/html/mulmy.html Consulté le 26 février 2016.

3 Entrevue avec Paul G. Richardson, Institut d’oncologie Dana-Farber, capture d’écran : http://screencast.com/t/7NvOKt14KL9 février 2016.

4 Cancer facts & figures 2016. American Cancer Society. 2016. http://www.cancer.org/acs/groups/content/@research/documents/document/acspc-047079.pdf Consulté le 17 mars 2016.

5 Hematology/Oncology (Cancer) Approvals & Safety Notifications. U.S. Food and Drug Administration. 2016. http://www.fda.gov/Drugs/InformationOnDrugs/ApprovedDrugs/ucm279174.htm Consulté le 26 février 2016.

6 SEER Stat Fact Sheets: Myeloma. Surveillance, Epidemiology and End Results Program. National Cancer Institute.  http://seer.cancer.gov/statfacts/html/mulmy.html. Capture d’écran, http://screencast.com/t/2ounTtrHsal. Consulté le 26 février 2016.

7 Kumar S. K., Dispenzieri A., Lacy M. Q. et coll. Continued improvement in survival in multiple myeloma: changes in early mortality and outcomes in older patients. Leukemia. 2014;28:1122-1128. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4000285/. Consulté le 26 février 2016.

8 Drawid A et coll. Impact of novel therapies on multiple myeloma survival in the US: Current and future outcomes. http://meetinglibrary.asco.org/content/152003-156. Consulté le 26 février 2016.

9 Magalhães Roberto J., Vidriales María-Belén B., Paiva Bruno et coll. Analysis of the immune system of multiple myeloma patients achieving long-term disease control by multidimensional flow cytometry. Haematologica. 2013;98:79-86. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3533663/, Consulté le 26 février 2016.

10 Ayed Ayed O., Chang Lung-Ji J., Moreb Jan S. Immunotherapy for multiple myeloma: Current status and future directions. Critical reviews in oncology/hematology. 2015;96:399-412. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26153389. Consulté le 26 février 2016.

11 Entrevue avec Paul G. Richardson, Institut d’oncologie Dana-Farber, février 2016.